 |
Madagascar, son histoire: Une île aux dimensions impressionnantes, une île unique au monde par sa flore et sa faune. Son origine géologique remonte aux temps lointains, de la séparation du continent primitif du Gondwana en différentes parties qui formèrent les continents actuels. Madagascar est issue de cette séparation entre l'Afrique et l'Inde actuelles.
Les origines du peuplement: Le peuplement originel de Madagascar a donné lieu à de nombreux débats passionnés, parce que cela renvoit à la légitimité du premier occupant. Cette question sur l'origine du premier habitant n'a pas trouvé de réponse précise et certaine en l'état actuel des recherches scientifiques. Par défaut les supposés premiers habitants de l'île sont appelés les "Proto-Malgaches". Différents mythes, légendes et affabulations sur l'origine des Malgaches, sont encore de mise de nos jours. Telle la légende des Vazimba. Les Vazimba, qui peut se traduire par " ceux qui ont toujours été là ", sont pour la tradition orale les premiers habitants de Madagascar. Leur origine est inconnue, et en tant que groupe ethnique ils n'ont laissé aucune trace de leur passage sur l'île. |
La datation du premier peuplement de la grande île est établie selon les découvertes archéologiques. Les objets les plus anciens retrouvés sur le sol malgache remontent à l'an 1000 de notre ère. Les scientifiques en déduisent que le peuplement originel, issu de migrations d'Asie et d'Afrique, aurait eu lieu entre le VIIIe et le XIIIe siècle après Jésus-Christ.
Quels sont les indices qui portent à croire que le peuple malgache est issu d'un brassage de plusieurs peuples, au gré de vagues successives d'immigrants? En premier lieu, la diversité anthropologique est frappante. Les visages évoquent la lointaine Indonésie, ou l'Afrique toute proche, ou bien un métissage complexe avec des apports asiatiques et européens. Telle est la diversité, l'originalité et la complexité du peuple malgache. C'est l' élément fondateur de l'unité du peuple de la grande île.
Dans un deuxième temps, la langue nous donne de précieuses indications sur l'origine supposée des premiers immigrants. En effet, en ces temps reculés ou la transmission du patrimoine d'une génération à l'autre était plus orale qu'écrite, la langue était le signe d'appartenance à une même origine. Cette langue malgache, si compliquée pour une oreille inexpérimentée, avec ses noms d'une longueur interminable, est indubitablement d'origine indonésienne.
Comme toute langue vivante, elle s'est enrichie des différents apports linguistiques à chaque nouvelle vague de migration. Ce qui a donné naissance à de nombreux dialectes.
En troisième et dernier temps, les coutumes anciennes, les méthodes d'élevage et de culture, le mode de vie apportent des indications sur les ethnies qui les ont transposées sur le sol malgache. En effet la culture du riz, les outils destinés à cette culture, les maisons sur pilotis, le culte des ancêtre, sont d'origine indonésienne. L'élevage du bétail, en particulier celui du zébu, la tenue vestimentaire (toge) est vraisemblablement d'origine africaine. Les instruments de musique et les danses ethniques témoignent des l'entremêlement de différentes civilisations qui ont migré sur la grande île.
Les européens ont débarqué au début du XVIe siècle, bien après les arabes, dont certains écrits attestent leur connaissance de l'île dès le XIIe siècle. Les hommes se sont implantés tout d'abord le long des côtes, lieu propice au développement de communautés, grâce aux ressources qu'ils exploitent de la mer. |
La seconde vague de peuplement: L'île Saint-LaurentLes Antalaotra, ("gens de la mer"), originaires des Comores et de la côte est d'Afrique, débarquent vers le XIIe siècle. Ces commerçants islamisés établissent des routes commerciales entre l'Afrique, les Comores et Madagascar. Les portugais découvrent Madagascar au XVIe siècle, ils la nomment " île Saint-Laurent ". Ils essayent de prendre le monopole commercial des Antalaotra et d'évangéliser les Malgaches, le tout sans succès. Dès le XVIIe siècle ils abandonnent l'idée d'une installation définitive.
Vers le XVIe siècle, les Hollandais tentent de créer sur la côte est de l'île une escale sur la route de l'île Maurice et de l'Indonésie, sans résultats. Le fait marquant de leur passage est la rédaction du premier dictionnaire malgache-malais par Frédérik de Houtman.
La tentative des Anglais d'installer au XVIIe siècle des colonies sur la côte sud ouest est aussi vouée à l'échec. Plusieurs années durant, seuls les Français réussissent à conserver des comptoirs, tel Fort Dauphin fondé en 1643 par Jacques Pronis, voué au ravitaillement des bateaux faisant route vers les Indes.
Madagascar, baptisée " île Dauphine ", fut déclarée propriété française par Louis XIV. Souveraineté théorique sur toute l'île, mais qui en réalité ne concernait que les comptoirs. En 1664, la Compagnie des Indes décide le peuplement de l'île Bourbon. Les comptoirs de Madagascar sont délaissés. En 1674, les derniers colons français quittent Fort Dauphin pour l'île Réunion.
Abandonnée à elle même, Madagascar devient au XVIIIe un repère de flibustiers et de pirates. Le peuplement de l'île Bourbon et de l'île Maurice rend nécessaire une activité commerciale avec Madagascar. Le commerce est essentiellement orienté vers une demande en riz, boeufs et esclaves, auprès des comptoirs de Tamatave et de Foulpointe.
|
 |
La fondation de l'État malgache:Les différents groupes ethniques, se sont sans doute implantés sur leur territoire géographique actuel dès la fin du XVe siècle. Leur organisation politique varie selon les tribus. Ce sont les Merina avec Ralambo (1575-1610), qui mettent en place une organisation politique structurée. Les Merina sont d'origine asiatique. Ils se sont installés sur le hauts-plateaux, après avoir chassé les Vazimba. Ils forment aujourd'hui le plus important groupe de l'île avec quatre millions d'individus. Le XVIIe siècle est l'ère d'un important développement économique, politique et démographique de l'île. La maîtrise de l'irrigation transforme les marécages en rizières, et permet deux récoltes annuelles de riz. A cette époque, Madagascar prend le nom d' Imerina (pays qu'on voit de loin sous le jour), et les Malgaches celui de Merina. Au XVIIIe siècle, la succession de Ralambo a divisé le pays en royaumes combattants. Le roi Andrianampoinimerina (le seigneur au cour de l'Imerina), par son autorité et son intelligence, rétablit l'unité Merina. Il transfère la capitale du pays à Antananarivo. Son règne de 1787 à 1810 est le début de l'ère moderne de Madagascar. Il tisse, grâce à des mariages avec des princesses d'autres royaumes, un réseau d'alliances pour étendre ses possessions. La grande île prend l'aspect d'une nation.
 |
La monarchie Merina: Radama Ier prend le pouvoir en 1810, à la mort de son père, le roi Andrianampoinimerina. Son règne de 1810 à 1828 est considéré comme le début de la création de l'État malgache moderne. Radama Ier conclut en 1817 un traité sur une assistance financière, technique et militaire avec la Grande Bretagne. Il soumet la plupart des peuples de l'île, excepté une partie des Sakalava (ceux qui vivent dans la longue vallée). Le royaume malgache est pratiquement unifié à la mort de Radama Ier. Cette unification guerrière, qui s'apparente à une colonisation, impose un système politique et la domination Merina.
A la mort de Radama Ier en 1828, son épouse Ranavalona Ière lui succède jusqu'en 1861. Elle est présentée comme une reine cruelle et xénophobe envers les vazaha (étrangers). Son portrait est ainsi dépeint, en raison des persécutions envers les missionnaires, et de sa méfiance des étrangers. Elle voulait avant tout protéger, les us et coutumes ancestrales de la société malgache, dont le culte des ancêtres. Seuls quelques étrangers seront épargnés du courroux de la reine, pour l'aide technique qu'ils apportent au royaume, dont Jean Laborde. La fin de son règne est marquée par des exécutions de Malgaches chrétiens ou accusés de sorcellerie. A sa mort en 1861, c'est son fils Radama II qui lui succède pour deux ans. Adepte d'une politique d'ouverture totale, il est assassiné en 1863. Rasoherina (1863-1868) sa veuve, lui succède. Mais le pouvoir est détenu par Le Premier ministre Rainilaiarivony. Rainilaiarivony épousera les trois reines successives du royaume malgache: Rasoherina (1863-1868), Ranavalona II (1868-1883) et Ranavalona III (1883-1897). |
De la colonisation à l'indépendance (1896-1960): Un personnage important va marquer l'histoire de Madagascar: le Général Gallieni, remier gouverneur de la colonie malgache. De 1896 à 1905, il va insuffler à la grande île les prémices de la politique coloniale française.
Il arrive sur l'île le 16 septembre 1896 avec des troupes, pour rétablir l'ordre politique et militaire. L'esclavage, la féodalité et la monarchie sont abolis, la Reine Ranavalona III est exilée. Pour que l'oligarchie Merina rentre dans le rang, il fait fusiller des ministres du gouvernement. Gallieni rétablit l'ordre sur l'île en 1899, avec la soumission des peuples indépendants du Sud et de l'Ouest, malgré quelques soulèvements sporadiques vers 1905, 1915, 1917. Cette domination étrangère va insuffler aux Malgaches la volonté de l'unification, contre l'occupant. Gallieni orchestre le développement administratif avec un nouveau découpage, médical, avec des personnels soignants malgaches et un système d'assistance médicale gratuite. L'enseignement du français est obligatoire et une Académie malgache est créée en 1902. Les grands travaux routiers et ferrés sont entrepris, ainsi que le développement économique de l'île, sous son mandat.
Le Général Gallieni, de 1905 à 1946, dix-huit gouverneurs succèdent à Gallieni. La forme administrative de Madagascar va évoluer, pour aboutir, à 1946, à un découpage en six grandes provinces, qui vient de changer (pour 22 régions). Le relief de l'île est un obstacle pour le développement rapide des axes de communications. La voie ferrée Tananarive - Tamatave est achevée en 1913, le réseau routier passe de 2 000 à 15 000 km entre 1925 et 1935, les lignes aériennes nationales et internationales sont mises en place à partir de 1936. Dans un même temps, la population malgache double. |
 |
Les cultures d'exportations tels le caoutchouc, le raphia, le café (pour 40 %), la vanille et le tabac sont favorisés par l'administration. Les principales ressources géologiques exploitées sont le graphite, le mica et les pierres semi-précieuses. Le volume des échanges commerciaux avec la France représente 77 % des exportations et 74 % des importations vers la fin des années 1930. Le développement de ces flux économiques, est réalisé en partie avec le travail forcé appelé le service de main-d'oeuvre pour les travaux d'intérêt général (SMOTIG), en place dans tout l'empire colonial français jusqu'en 1946.
|